Bientôt sans quartiers informels, comme promis par le Gouvernement, l'Egypte paraît vivre le printemps des politiques urbaines, avec des démarches concrètes pour le réaménagement de ses zones, sauvagement propagées après de longues années de négligence sous les régimes précédents.
"Informel", de l’anglais "informal, qui signifie ici en dehors des des règlements officiels. Le terme ne désigne pas un bricolage d’urgence fait de matériaux précaires ou de récupération, comme dans les bidonvilles. Donc les quartiers informels en Egypte ne sont pas des bidonvilles, comme les appelle-t-on parfois, mais ce sont plutôt des constructions en dur atteignant d’emblée une bonne densité et s’appliquant à de vastes territoires. Mais ce sont des constructions faites en dehors des autorisations et des règlements.
Les linguistes soulignent que les Egyptiens utilisent différents mots - pour désigner ces quartiers - comme hamichi (marginal) ou ghayr rasmi (non-officiel et donc informel), tandis que le Gopp (General Organization for Physical Planning), organisme en charge de la planification urbaine, emploie plutôt le terme de "al-manatiq al-ghyer mukhattata (zones non-planifiées).
A partir des années 1990, le terme le plus répandu est "ashwaiyyat" (sauvage. Il est généralement employé d’une manière dévalorisante, il sous-entend - pour d'aucuns - que ces quartiers sont une « menace pour la ville ».
Après 2011, nous pouvons souligner que la Révolution égyptienne a suscité des attentes et une réforme fondamentale de l'action urbaine, pour ainsi réaliser la justice sociale.
Le gouvernement a en fait réussi à moderniser près de 50% des zones informelles de la capitale et a ainsi réalisé de remarquables pas pour rompre avec le manque d'intérêt que les gouvernements des anciens régimes ont accordé aux quartiers informels du Caire.
Les habitants de ces zones non-planifiées ont été transférés vers d'autres zones plus décentes, notamment dans la région d'Al-Asmara où des milliers d'unités de logement, confortablement accommodées ont été assurées à ces habitants.
Il est prévu que les autorités poursuivent le réaménagement des quartiers informels du Caire en 2020, pour annoncer cette année, la fin de l'informalité urbaine dans la capitale.
Le gouverneur du Caire, le général Khaled Abdel Aal, a annoncé que les organes du gouvernorat ont pu en 2019 éliminer 30 zones informelles, pour ensuite loger les habitants de ces dernières dans environ 15.383 appartements. Il a également révélé que la capitale possède à présent près de 10 mille unités de logement prêtes à accueillir les familles. Ces appartements sont accommodés et meublés, en collaboration avec les organes de la Solidarité sociale.
Pour sa part, le directeur de l'Unité de développement des quartiers informels au Caire, Khalil Chaath, a indiqué que la capitale a mis un terme à 50% des zones non-planifiées et qu'avec la fin de 2020, Le Caire se débarrassera de tous ses quartiers informels. Il y avait dans la capitale 15 zones informelles dangereuses, en plus de 31 autres, qui seront toutes révolues, a-t-il souligné.
Parmi les zones dont on s'est débarrassé, figurent celles d'Al-Razzaz, le Nord du quartier des artisans ou Al-Hérafiyyin, la carrière de Fawzi Eléwa, Qalet Al-Kabch, Tell Al-Aqareb à Sayyeda Zeinab, Hikr Al-Sakkakini à Charabiya, Ezbet Al-Arabe, les tanneries, les kiosques d'Aboul Seoud et une grande partie des Arabes d'Al-Yassar.
M. Chaath a ajouté qu'il est prévu de livrer le projet "Ensemble" avec ses deux phases 1 et 2, ainsi que les logements de la Production militaire, d'Al-Khayyalah et de l'ancien Manyal. Des projets de services seront établis dans les zones qui ont été évacuées, a-t-il conclu.